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 Isaac ASIMOV - "Face aux feux du Soleil"

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Rob "edophoenix" EDELJI
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MessageSujet: Isaac ASIMOV - "Face aux feux du Soleil"   Dim 13 Mai - 15:48

A propos d'Asimov, je viens juste de finir "Face aux feux du Soleil".
Ce roman raconte une enquête d'un humain, l'inspecteur Elijah Baley, et d'un robot humanoïde ( un "androïde", en quelque sorte) R. Daneel, sur une planète colonisée par des descendants de Terriens.


Je me suis fait deux réflexions à sa lecture :

D'abord le personnage du sociologue m'a paru très comique : étudier la sociologie sur Solaria, où toute forme de société a disparue, relève d'un paradoxe burlesque !

En effet, dans ce monde, dont le volume est à peu près équivalent à celui de la Terre, ne vivent que 20.000 humains : le reste de la population est constituée de plusieurs millions de robots qui assurent l'exploitation des ressources économiques de la planète, et le service des humains auxquels ils appartiennent ( je ne me souviens plus de la proportion exacte, mais il me semble qu'elle est de 10 mille robots pour 1 humain ! )

Chaque humain possède un domaine foncier gigantesque qui représente plusieurs fois un millier d'hectares. Les humains vivent isolés dans leur maison ; seuls ou en couple (quand ils sont mariés) et ne se rencontrent les uns les autres que par "visionnage" , c'est à dire en parlant par image holographique en 3D interposée.

Aussi, vu que toute forme de vie grégaire, toute relation interpersonnelle, ou toute collectivité ont été abolies, il n'existe plus de société en tant que telle.

J'ai beaucoup aimé lorsque le sociologue se prend de passion pour les applications des mathématiques à la sociologie. Il découvre l'usage des statistiques démographiques alors qu'il s'agit d'une science totalement inutile sur sa planète !


La deuxième réflexion que je me suis faite, concerne le "Centre de foetologie" , qui correspond, sur Solaria, à la fois à la Maternité (là où l'on fait naître les enfants) et à l'école maternelle et primaire.
Or, les institutions solariennes tentant d'éliminer l'instinct grégaire chez les jeunes enfants, je me suis demandé pourquoi Asimov imaginait qu'on les réunisse dans un même endroit...

N'aurait-il pas été plus logique, au contraire, de séparer les enfants dès leur naissance, en les affectant chacun à un appartement particulier, sous la garde de robots ?
Ainsi, ils vivraient dans l'ignorance complète de ce que sont les relations interpersonnelles, et cela les rendrait plus facilement malléables à l'idée de répugnance pour la "présence effective"
que les solariens tentent de leur inculquer...

Il m'est venu également une autre idée à propos de ce Centre :
il ressemble au C.I.C. , le "Centre d'Incubation et de conditionnement" d'Aldous Huxley...
Si ce n'est qu'au contraire, dans "le Meilleur des Mondes", les relations interpersonnelles sont au contraire encouragées de manière outrancière..!

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Dernière édition par le Mar 15 Mai - 23:47, édité 1 fois
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E-Lyenn
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MessageSujet: Re: Isaac ASIMOV - "Face aux feux du Soleil"   Mar 15 Mai - 21:50

Je ne prétends pas être un spécialiste en Asimov, mais au moins un lecteur (très) assidu. Aussi, je pourrai peut être proposer des éléments de réponses. Ceux-ci seront néanmoins entièrement discutables et n'engageant que mon raisonnement propre.

Pourquoi un sociologue? Très bonne interrogation, qui montre bien que, même à des distances faramineuses, ce qui compte n'est pas tant la personne en face, mais l'information de son existence pour façonner une société. En cela, on a peut être ici une approche révolutionnaire de la société, puisque celle-ci s'élargirait à toutes les relations que nous entretenons par la connaissance de l'existence d'autrui. Nous vivons donc dans une société-monde. Là ou cette vision est faussée, c'est que les autres n'ont pas forcément connaissance de nous, et qu'il n'y a pas forcément dialogue. Cela dit, qui pourra avancer qu'il connait tout son pays? La notion de société est donc un point relativement fluctuant, qu'Asimov propose en termes "abstraits". Il pousse donc son abstraction jusqu'à une société sans contacts physiques, et ou même les contacts virtuels sont rares. Le cas extrème serait peut-être l'ermitage, et on y tend...

On en vient presque naturellement au second point que tu soulève. Pour "faire société", il faut savoir que les autres existent (pas juste un "autrui" indéfini, théorique, mais bien des "autres", tangibles, réels) et il faut que ceux-ci en soient informés aussi. Par conséquent, puisque, sur Solaria, la vie en commun est un supplice, mais un supplice nécessaire à la sociabilisation, on le fait vivre aux jeunes enfants qui n'en "souffrent" pas encore totalement. Il faut donc qu'ils se rencontrent dans des écoles spécialisées, afin d'être certain de l'existence des autres et de pouvoir se fier aux informations qu'ils en recevront tout au long de leur vie.

Aldous Huxley a-t-il encore frappé? Je ne pense pas. Dans "Le Meilleur des Mondes", Huxley prépare des CIC pour former, effectivement, à la vie en société ses enfants, mais il les mutile, les transforme, pour qu'ils soient préparés pour UNE vie unique. On reste dans la même conception positiviste de l'Homme, je te l'accorde, mais dans un cas les gens ne sont là que pour échanger et se reconnaître, alors que dans le second, ils sont bestialement formés. C'est, je pense, la différence entre l'éducation qui libère et le dressage qui asservi.

La question qui me semble plus intéressante concerne les robots et leur incapacité à faire du mal. Celui-ci est, dans le texte, vu de manière utilitariste, en quantité de plaisir et de souffrances. Pourrait-on penser des robots autrement que positivistes et utilitaristes? C'est la question du robot qui veut le bien de quelqu'un contre son gré que je pose... bref... un problème de liberté!

PS: Pour mieux voir la question, regardez le film I, Robot. Il est peu fidèle à la lettre d'Asimov, mais s'inspire bien de son esprit.
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Rob "edophoenix" EDELJI
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MessageSujet: Re: Isaac ASIMOV - "Face aux feux du Soleil"   Mer 16 Mai - 23:44

Ta démonstration est, effectivement, très éclairante sur ces points... Et sur le fond, je ne peux qu'adhérer à cette redoutable analyse ; néanmoins, sur ta comparaison entre la contre-utopie de Huxley et celle d'Asimov, je suis heureux de pouvoir te contredire (à moins que tu n'avance un argument formel) :
en lisant "Face aux feux du Soleil", je n'ai pas moins eu l'impression que la psychologie des enfants n'étaient pas mutilée - pour reprendre votre expression.

Selon moi, il n'est pas le moins du monde normal ou équilibré que les individus de solaria éprouve un sentiment de répugnance aussi exacerbée à toute "présence effective " (termes employés par asimov) !
Et ce sentiment - qui chez moi procède de la viciation de l'être humain en tant que tel, de lui interdire de nouer toute relation avec ses semblables !
Par ailleurs, dans le Meilleur des Mondes de Huxley, la société, si elle formate les individus, fait cela "pour leur propre bonheur", mais si la conséquence est complètment désastreuse et horrible, alors que la société solarienne, n'exerce cette éducation viciante à l'égard des enfants, que dans le but de maintenir des valeurs tout-à-fait arbitraire !

Enfin, entre ces deux sociétés, aussi détestables l'une que l'autre, je préfèrerais tout de même encore celle qui n'interdis pas les relations en "présence effective " ..! Mais, là, je suis forcé de reconnaitre que c'est entièrement subjectif.

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MessageSujet: Re: Isaac ASIMOV - "Face aux feux du Soleil"   Jeu 17 Mai - 16:01

Dors sur tes deux oreilles, camarades, le Gouvernement travaille à ton bonheur!
Edouard Fillias, dans son dernier livre

S'il m'était donné de choisir, je choisirai Solaria. D'abord parce que je suis franchement de nature solitaire et que le contact humain m'est difficile (même s'il est, je dois l'admettre, parfois agréable), mais ensuite parce que, chez Huxley, on ne laisse pas les gens choisir d'être heureux. Atroce! D'ailleurs, Huxley le montre bien en utilisant Shaekspeare. Quoi de mieux que de choisir d'être malheureux, de ne pas prendre de la Soma et de souffrir par amour? Une seule chose, être heureux pour la même raison. Sur Solaria, la "formation" (dont je reparle instamment) mène à la haine du contact, mais non de la personne. On peut donc choisir ses relations avec autrui. C'est autrement plus dangereux, et Elijah en saura quelque chose, mais c'est la dernière trace d'humanité lorsque le reste est ôté.

Alors... est-ce que les enfants sont viciés? Je ne crois pas. Pas plus qu'ils étaient viciés dans la Grèce antique, à subir les outrages (vu comme tel de nos jours) de pédagogues pédophiles. C'est une culture adapté à un mode de vie. Ils ont une puissance capable d'animer, ou détruire, quoi que ce soit sur une large région, les faire vivre ensemble serait dangereux et peu productif, alors que leur donner à chacun un territoire leur permet de vivre "ensemble" à distance, sans risque créer. D'ailleurs, on ne leur apprend pas à détester se toucher, ils ressentent naturellement cette aversion. Elle est encouragée par l'entourage, mais en aucun cas n'est créée par lui.
A l'inverse, on peut se demander s'il est bon de vivre agglomérés les uns aux autres, en contact permanent, et de détester la solitude ou les étendues désertiques. Question de culture, je crois.
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MessageSujet: Re: Isaac ASIMOV - "Face aux feux du Soleil"   Ven 18 Mai - 5:07

Effectivement, exposé comme cela :

E-Lyenn a écrit:
[...] je choisirai Solaria. [...], mais ensuite parce que, chez Huxley, on ne laisse pas les gens choisir d'être heureux. Atroce! D'ailleurs, Huxley le montre bien en utilisant Shaekspeare. Quoi de mieux que de choisir d'être malheureux, de ne pas prendre de la Soma et de souffrir par amour? Une seule chose, être heureux pour la même raison.
Sur Solaria, la "formation" (dont je reparle instamment) mène à la haine du contact, mais non de la personne. On peut donc choisir ses relations avec autrui. C'est autrement plus dangereux, et Elijah en saura quelque chose, mais c'est la dernière trace d'humanité lorsque le reste est ôté.

Alors... est-ce que les enfants sont viciés? [....] D'ailleurs, on ne leur apprend pas à détester se toucher, ils ressentent naturellement cette aversion. Elle est encouragée par l'entourage, mais en aucun cas n'est créée par lui.

A l'inverse, on peut se demander s'il est bon de vivre agglomérés les uns aux autres, en contact permanent, et de détester la solitude ou les étendues désertiques. Question de culture, je crois.

Je ne peux qu'adhérer..!

Ton talent pour la rhétorique n'est décidément plus à démontrer ; il est légendaire ! (n'aurais-tu pas suivi un stage dans la Grèce Antique, auprès des sophistes ?!)
Aussi, bien, je m'incline donc de bonne grâce sur ce point. Discuter avec toi est toujours un plaisir, comme pour les échecs : le nombre de mes défaites sera effacé le jour où j'aurais enfin une victoire ! (bon, enfin, je vais m'arrêter là, je voudrais pas qu'on me prenne pour un mégalomane..! )

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MessageSujet: Re: Isaac ASIMOV - "Face aux feux du Soleil"   Lun 21 Mai - 11:56

Hey hey... dois-je te rapeller que tu as gagné l'autre soir?

Compagnon, le vent tourne, et soufflera les sophistes! Sinon, merci du compliment, je ne peux que te dire que la question était bien posée... Very Happy
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